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[23/02/2025] - ~10mins -
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[2024] - par **Brady Corbet** avec [ Adrien Brody ][ Felicity Jones ][ Guy Pearce ]
Avis : excellent
Tags : [ drame ][ immigration ][ architecture ][ 50s ]
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On est à la sortie de la Seconde Guerre Mondiale en 1947 et on le voit débarquer aux USA sans rien.
Il est recueilli par son cousin déjà sur place depuis quelques années en attendant que sa femme et sa nièce restées en Europe puissent le rejoindre.
Ce dernier possède un magasin de meuble, mais il a changé son nom, est marié à une catholique et s'en sort comme il peut.
Il lui propose une ptite chambre à l'arrière du magasin et même de bosser avec lui.
<summary>suite et fin survolées
Le fils d'un riche client vient les voir : la mission est de refaire une bibliothèque en surprise pour le père actuellement en déplacement.
Ils ont une semaine pour créer un design et des meubles.
La veille de la deadline, le riche père rentre plus tôt et découvre le chantier inachevé.
Furieux il fait dégager tout le monde.
Ils apprennent ensuite qu'ils ne seront pas payés.
C'en est trop pour *Attila* le cousin de *Laszlo* qui le dégage en ajoutant qu'il est au courant qu'il a fait des avances à sa femme (ce qui est faux).
Bref notre architecte se retrouve sans le sou et sans logement.
Il enchaîne les ptits boulots de merde quand un jour *Van Buren* le fameux riche le retrouve et l'invite à prendre un café.
Ils discutent et lui révèle qu'il est extremement satisfait de sa nouvelle bibliothèque et qu'il a découvert que *Laszlo* est en fait un architecte renommé.
Il souhaite payer ce qui était prévu et l'invite chez lui pour discuter plus et admirer la bibliothèque.
Notre gars s'y rend.
Et là tout se passe plutôt bien, il fait la rencontre de gens de la Haute Société et notamment de l'avocat/ami du riche qui se propose de l'aider à monter un dossier pour rapatrier femme et nièce aux USA.
Mais surtout *Van Buren* dévoile qu'il souhaite embaucher *Laszlo* pour créer un bâtiment audacieux servant de centre communautaire/gymnase/bibliothèque/église.
Il va également le loger dans leur immense manoir.
Le projet est lancé et se passe plutôt bien malgré quelques difficultés.
C'est le grand jour !
Il va enfin chercher sa femme *Erzsébet* et sa nièce *Zsofia* à la gare.
Mais double surprise : sa femme est en fauteuil roulant et sa nièce est muette.
Le soir même, lors du dîner, *Van Buren* va être très étonné qu'*Erzsébet* n'a pas d'accent.
Sa réaction sera d'humilier *Laszlo* en le traitant de cireur de chaussure, en lui lançant une pièce pour la blague puis en exigeant de la récupérer.
Il va cependant sourire jaune.
La cohabitation est pas toujours facile, sur le chantier on lui fait des coups dans le dos, le fils *Van Buren* le rabaisse plusieurs fois et menace même de se faire *Zsofia* (ce qui semble avoir déjà été fait) et le point de rupture sera un accident.
Un train de marchandise pour le chantier déraille, *Van Buren* va donc arrêter immédiatement les travaux et licencie tout le monde.
Ellipse.
La petite famille vit désormais à New-York, lui en tant que grouillot dans un cabinet d'architecte, elle en tant que grouillotte dans une rédaction de journal et *Zsofia* a recouvré la parole et annonce son souhait de partir avec son copain pour vivre à Israel.
Sur place ils vont à une ptite fête organisée dans la carrière.
De retour sur le chantier, il est désormais aigri, acariatre, violent avec les employés et finit même par se mettre à dos *Gordon* qui l'a accompagné depuis son arrivée aux USA.
Une alors que sa femme a encore une énorme crise de douleur, il ne trouve plus ses médicaments habituels et décide donc de la piquer à l'héroïne dont il est addict.
Mais ça finit en overdose à l'hosto.
Il va donc lui vider tout son sac et notamment ce qu'il s'est passé en Italie.
Ils prennent la décision de déménager à Jérusalem mais avant, elle part en déambulateur (sa condition physique s'améliore petit à petit) au manoir des *Van Buren*.
Elle arrive au milieu d'un dîner avec des invités.
Et là elle révèle devant tout le monde que le gars a violé son mari.
La réaction est très violente de la part du fils qui la traine hors de la salle, seule la fille *Van Buren* vient lui apporter son aide.
Le père disparait et personne ne le trouve malgré une battue.
Ellipse
On est dans les années 80 où les différentes constructions de *Laszlo* sont célébrées avec à ses côtés *Zsofia*, désormais très adulte.
J'ai beaucoup aimé.
Et je trouve ça un peu étrange que le film ait tout de même autant plu.
C'est assez particulier avec un rythme un peu inégal, c'est long, parfois mou et d'un coup c'est rushé, la fin est absolument pas satisfaisante.
Vraiment c'est une sensation étrange de voir un film de 3h et pourtant ça manque de développement par moment.
Le début est très prenant, on découvre le personnage, son destin tragique tout cela et pourtant son passé n'est pas tant évoqué que ça.
Tout du moins jamais frontalement.
Il y a bien lors de l'épilogue final où l'on nous dit que le design du centre communautaire a été dessiné en référence aux camps de concentration où il a malheureusement vécu.
Mais en dehors de ça, ce n'est pas abordé lors du récit.
Ça titille d'autant plus que bon, le rôle prinipal est tenu par *Adrien Brody* qui avait un rôle finalement assez proche dans **The Pianist [1]**.
Un artiste juif, l'holocauste toussa, dur de pas faire le lien entre les deux personnages.
<summary>Le personnage de *Van Buren* est super intéressant mais ça spoil.
On ne sait jamais trop sur quel pied danser avec lui.
On le découvre en train de dégager tout le monde de chez lui avec au passage une ptite remarque raciste de bon aloi à l'époque -__-
Ensuite il tente de se faire pardonner après qu'il ait découvert la véritable identité de *Laszlo*.
Et déjà c'est ambigü : *Laszlo* ne mérite d'être payé que parcequ'il est un artiste renommé ?
On sent que c'est le prestige que lui confère de prendre sous son aile cet artiste qui le pousse à agir de la sorte.
Il le fait publiquement auprès de ses comparses bourgeois et bien visiblement.
Ensuite, lors du chantier, il le soutient frontalement et lui montre sa confiance totale, mais dans son dos fait intervenir un autre architecte, place son fils constamment en supervision.
Et lorsque les tensions éclatent avec l'autre architecte, dans son dos, va tout de même conserver l'autre architect.
Bref, le gars est tout de même fourbe et menteur.
Il y a surtout la dernière scène où va le voir avec *Laszlo* : le voyage en Italie avec le viol.
Non content de profiter de l'état déplorable de sa victime, il va le rabaisser violemment en parole.
Il l'insulte de parasite et de victime idéale, bref toutes ses belles paroles habituelles ont vite disparues.
N'était-ce que de la drague depuis tant d'années ?
D'ailleurs ce n'est pas montré clairement dans le film, mais il y a de très fortes chances que ce cher *Mr Van Buren* n'ait pas violé qu'une seule fois dans sa vie.
Son fils est probablement une autre de ses victimes.
Le gars est sous son emprise psychologique, il a tout à perdre à révêler ce secret.
Ça détruirait l'honneur de la famille et plus directement son honneur.
Ça expliquerait également pourquoi lui-même a très probablement violé la jeune *Zsofia* et très probablement aussi sa propre sœur (on les entend assez peu distinctement brièvement).
Du coup, le père serait probablement un homo refoulé.
Ça pourrait expliquer pourquoi il ne se retrouve pas une nouvelle femme.
Après tout, le gars est très riche, semble cultivé et cerise sur le gâteau est plutôt beau-gosse, il pourrait se trouver une compagne en un claquement de doigt.
Mais il est attiré par les hommes à une époque et dans un milieu où c'est mal vu.
Il a transmis à son fils sa négligence du consentement…
Toute cette thématique sur le viol d'autant plus entre homme est très rarement abordé au cinéma.
Et je suis d'ailleurs étonné que ça ne rebute pas plus les gens au final.
Je pensais que le film en abordant cet aspect se ferait dézinguer mais pas tant que ça visiblement.
Le film est assez joli mais c'est comme son titre assez brutaliste.
C'est gris et austère et pourtant il y a certains plans particulièrement réussi.
Je pense surtout aux plans généraux montrant un lieu et non les personnages.
Bon et sinon, j'aime pas du tout ce style architectural.
D'autant plus dans le monumental.
Je trouve ça d'ailleurs limite comique l'exposition de Venise à la fin où les gens contemplent ses œuvres.
Je trouve ça affreux et s'il y a bien un lieu où j'aimerai pas passer du temps c'est un centre communautaire qui a cette gueule !
Le jeu d'acteur est top de la part de tout le monde.
Au début du film il est super tactile avec ses potes d'infortunes et par contre quand arrive enfin sa femme après des années, il est d'un distant, froid et limite impassible.
J'ai du mal à comprendre cette attitude, mais il le joue bien.
Et *Guy Pearce* aussi est très fort.
<summary>J'ai beaucoup aimé le film mais son rythme me pose quand même problème et ça spoile aussi.
Le début on rentre bien dedans, on s'ennuie pas du tout, l'histoire se déroule.
Puis la seconde partie, ça piétine.
En tant que spectateur, c'est le moment où le protagoniste doit arriver à accomplir son objectif mais non ça ne vient pas !
Le chantier n'avance pas, l'arrivée de sa femme ne semble pas être vraiment une victoire.
Et le récit semble s'enliser lui aussi.
Et pourtant on est déjà à 2h de film.
Le chantier va reprendre mais on a le voyage en Italie avec le viol.
Et ce moment arrive très tard dans le film.
Et là aussi c'est frustrant, on a pas de confrontation des personnages à ce sujet.
Lorsqu'*Erszébet* révèle cette histoire, on attend une conséquence pour *Van Buren* le violeur, mais là aussi c'est frustrant, il n'y en a pas.
Le gars disparait miraculeusement.
Est-ce qu'il se tue ?
Il part à l'autre bout du monde ?
on ne sait pas.
Et là, le récit s'arrête pour passer à l'épilogue.
En vingt minutes, on a la reprise des travaux, le viol, sa révélation et la disparition.
Le rythme est effreiné et pourtant on a rien qui va au bout.
La frustration est totale.
Le film est long et ça ne prend pas le temps d'apporter la moindre conclusion à tout ça mais ça nous donne un épilogue assez superflu.
Merde !
On veut savoir ce qui est arrivé à *Van Buren*, le viol est-il devenu publique, on veut voir le centre communautaire fini et pas juste les bribes lors de la battue.
Autant pour les films fictionnels, je suis ok pour avoir des fins ouvertes avec des questions restées sans réponses, autant là pour un film … heu fictionnel (oui les personnages n'existent pas, mais bon ça ressemble tellement à un véritable biopic…) bha j'aimerai savoir ce qu'il se passe !
Bref, le film est cool malgré un rythme chaotique inégal.
C'est très bien mais frustrant et à peu de chose aurait pû être vraiment ouf.
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[23/02/2025] -
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